Résumé
L'intelligence artificielle est un mot à la mode. Pourtant, depuis des années déjà, des programmes "intelligents" nous facilitent la vie. Pour les opticien·enne·s et les optométristes, les outils d'IA se présentent comme des copilotes. En revanche, il est peu probable que les professionnels soient évincés.
Publié : il y a 3 mois — 

Temps de lecture : env. [wpbread] — 

Auteur : Gilles Stüssi
Résumé
L'intelligence artificielle est un mot à la mode. Pourtant, depuis des années déjà, des programmes "intelligents" nous facilitent la vie. Pour les opticien·enne·s et les optométristes, les outils d'IA se présentent comme des copilotes. En revanche, il est peu probable que les professionnels soient évincés.
Publié : il y a 3 mois

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Auteur : Gilles Stüssi

L’IA dans le domaine de l’optique

Est-ce que ChatGPT vendra bientôt des lunettes ?

“L’intelligence artificielle”, ou IA, a fait son entrée dans la culture populaire à une vitesse spectaculaire. L’IA générative en particulier, c’est-à-dire les programmes qui génèrent par exemple des textes ou des images, est devenue en peu de temps un phénomène de masse. En premier lieu, bien sûr, ChatGPT, le robot de chat intelligent qui ne se contente pas de répondre aux questions, mais peut mener des dialogues entiers.

Dans les milieux de la technologie, on parle de la plus grande révolution depuis l’industrialisation. Ce qui n’est encore qu’un jeu pour beaucoup est déjà un outil pertinent pour d’autres, une facilitation du travail, une source d’inspiration ou encore une grande incertitude.

Et tout cela du jour au lendemain ? Bien sûr que non. Car l’IA nous accompagne depuis longtemps déjà.

Les termes, en clair.

“L’intelligence artificielle” est un secteur des sciences informatiques comportant de nombreux sous-domaines. Dans le domaine de l’analyse des données (“Big Data Analytics”), d’immenses quantités de données sont analysées à la recherche de modèles. Les informaticiens spécialisés en neuroinformatique construisent des programmes capables d’apprentissage à l’aide de réseaux neuronaux artificiels qui sont entraînés avec des données. L’IA est une branche scientifique qui apprend comment fonctionne précisément “l’apprentissage” et comment nous pouvons reproduire ce processus synthétiquement.

Intelligent ?

Apprendre rend intelligent. Tout comme nous, les humains, les programmes informatiques spécialisés peuvent assimiler des connaissances, reconnaître des relations et en tirer un ensemble d’expériences. Contrairement aux humains, un système d’IA est toujours programmé dans un but précis.

ChatGPT, par exemple, a été conçu pour répondre aux questions. Le programme est basé sur un modèle linguistique, appelé LLM (Large Language Model). Ces modèles complexes étudient les relations entre les mots et les décrivent de manière logique. Ainsi, les noms, les adjectifs et les verbes forment une phrase qui est mathématiquement la réponse la plus probable à une question. En arrière-plan, des recherches ciblées sont effectuées dans des bases de données gigantesques contenant des textes. Plus la base de données est grande, meilleur est le résultat. Et plus un programme acquiert de l’expérience, plus la réponse est pertinente.

Un robot de chat reconnaît donc, d’une part, le sens de la question (contexte) et d’autre part, quelle devrait être la meilleure réponse à cette question. Et ce, dans toutes les langues qui lui ont été enseignés à l’aide de modèles. Une réalisation scientifique impressionnante.

L’intelligence artificielle” est-elle donc réellement intelligente ? La réponse est aussi bien “oui” que “non”. Oui, car ces programmes utilisent des mécanismes d’apprentissage similaires à ceux de notre propre cerveau et deviennent ainsi de plus en plus performants. Non, parce que la tâche reste toujours la même. Car l’IA universelle, capable d’apprendre de nouvelles compétences de manière autonome au-delà de sa programmation, n’a pas encore été découverte.

Sans que nous nous en rendions compte ?

Depuis de nombreuses années déjà, des programmes d’aide intelligents nous soutiennent dans presque tous les domaines de la vie. Le clavier de votre smartphone est l’exemple parfait d’un système capable d’apprendre. Ainsi, dès le développement du premier iPhone, Apple a reconnu que le minuscule clavier à l’écran était sujet à des erreurs avec des doigts normaux. Si nous pouvons néanmoins taper confortablement avec nos smartphones, c’est grâce à un algorithme complexe qui anticipe ce que nous voulons écrire, jusqu’à proposer des mots (étonnamment précis).

En voiture, le système de navigation trouve le chemin le plus rapide de A à B et propose des itinéraires détournés pour éviter les embouteillages. Grâce à des caméras et des capteurs, le système embarqué perçoit son environnement et interprète le flux de données quasiment en temps réel pour nous donner des indications et des avertissements. Les systèmes modernes se font plus discrets, assurent la meilleure traction ou garent même la voiture automatiquement dans des espaces incroyablement étroits.

Sur Internet, nous utilisons des moteurs de recherche, des réseaux sociaux et des services de streaming qui semblent savoir exactement quelle musique ou quel film nous avons enviesur le moment. Outre les recommandations personnalisées, les outils de traduction et les assistants vocaux nous aident tous les jours.

Du robot aspirateur aux prévisions météorologiques, l’IA se charge depuis un certain temps déjà de petites et grandes tâches et rend notre quotidien un peu plus facile. Avec l’IA générative, de nombreux systèmes d’assistance deviennent plus accessibles, plus utiles et enfin, plus amusants.

Et dans notre domaine ?

Notre domaine exploite depuis toujours les nouvelles technologies et les opportunités émergentes dans le but d’en tirer les avantages. Nous entretenons une culture d’ouverture envers les idées novatrices et les intégrons à divers aspects de notre travail. Cela va de l’anamnèse à l’adaptation en passant par les conseils, jusqu’à la fabrication industrielle. Le “High Tech est une composante essentielle de notre quotidien, car presque chaque établissement d’optique est équipé d’instruments qui, il y a peu, étaient rares, même au sein de nombreux établissements ophtalmologiques.

Ainsi, les évolutions pathologiques telles que la rétinopathie diabétique, la DMLA, le glaucome ainsi que diverses maladies du segment antérieur de l’œil (notamment le kératocône et la cataracte) et de la rétine peuvent souvent être détectées dès le stade pré-clinique. Ainsi, l’ opticien du village a lui aussi la possibilité de détecter des changements à un stade précoce et de gagner ainsi un temps précieux pour ses clients. Le même instrument permet d’ailleurs d’adapter les lentilles Ortho-K avec l’aide de l’IA.

Il existe des systèmes qui effectuent la réfraction objective et subjective de manière automatique et autonome. Et ceci en quatre minutes à peine et avec une reproductibilité des résultats deux fois plus élevée. Dans l’espace de vente, des systèmes de centrage vidéo mesurent les données de centrage et les paramètres individuels.

Des scans du visage permettent de fabriquer, à l’aide d’une imprimante 3D, des montures parfaitement adaptées à son anatomie et à sa physionomie. Nos verres de lunettes ICONIC™sont déjà optimisés et individualisés de manière intelligente depuis les années 2000.

De nouvelles possibilités s’ouvrent également aux porteurs de lunettes : les consommateurs peuvent ainsi déterminer leur acuité visuelle confortablement installés dans leur canapé. Les systèmes de commerce électronique recommandent des montures adaptées à la forme du visage, qui peuvent ensuite être essayés virtuellement. Et oui : la DP peut également être mesurée avec précision via la webcam.

En tant que fabricant de verres innovants, nous ne laissons passer aucune occasion d’améliorer nos produits. Outre le calcul et la réalisation de surfaces Freeform assistés par IA, des robots de contrôle intelligents examinent aussi bien la correction que la qualité cosmétique de la surface. Les erreurs de production peuvent ainsi être détectées avec une grande fiabilité pendant le processus de fabrication.

Tout cela est le statu quo et est déjà appliqué quotidiennement.

L’opticien du futur

Dans la recherche de tendances, les prévisions peuvent être établies en fonction de leur probabilité. Dans la prospective spéculative, on quitte la voie sûre des données et des tendances et on réfléchit à ce qui pourrait être autrement possible. Cet “espace des possibles” est une feuille blanche sur laquelle tout ce qui est souhaitable, argumentable et imaginable a sa place. Même si les idées ne sont pas encore réalisables sur le plan technique (“La pilule contre l’amétropie”) ou social (Le monde sans argent ni possession).

Si nous imaginons “l’opticien du futur” ou “l’optométriste de demain”, nous découvrirons peut-être des éléments qui pourraient façonner l’avenir de notre secteur. Ceux-ci ne sont pas seulement un fantasme, mais peuvent devenir une vision réaliste.

L’un de ces éléments concerne la relation que nous entretenons, en tant que professionnels, avec nos clients. Celle-ci devient de plus en plus centrale. Ce qui influencera notre formation initiale et continue, tout comme les nouveaux concepts de communication.

Notre secteur a pour culture d’être ouvert à la nouveauté et d’encourager l’innovation autant que de l’exiger. Nous avons ainsi compris très tôt que l’IA nous offrait des instruments, qui nous permettent d’offrir à notre clientèle non seulement des produits impressionnants, mais aussi, de manière générale, un approvisionnement encore meilleur. À moyen terme, nous utiliserons les outils d’IA de manière encore plus réfléchie et, à long terme, nous augmenterons encore le niveau de nos prestations en collaboration avec des copilotes numériques d’IA.

L’évolution va dans le sens d’une délégation de tâches et de compétences aux machines, là où elles ont un avantage sur nous, les humains. Le professionnel peut alors se concentrer pleinement sur le conseil et sur une relation positive avec le client. Ainsi, l’efficacité et l’éventail de l’offre d’un magasin spécialisé augmentent.

Auront-ils encore besoin de moi à l’avenir ?

Savez-vous ce qui manque à l’intelligence artificielle ? L’intuition. Ce qui semble romantique est en fait un facteur décisif en faveur de chaque professionnel. En effet, l’intelligence artificielle ne sait pas si les résultats de ses calculs sont vrais ou faux. Elles sont seulement probables.

Ainsi, même si l’IA vendra bientôt effectivement des lunettes, elle travaillera toujours dans les limites qui ont été définies. Mais nous, les opticiens, nous développons une intuition. Nous aimons notre métier et nous voulons nous dépasser. Avec notre sens de l’esthétique, notre sensibilité pour les matériaux que nous utilisons et notre empathie, nous avons clairement un avantage et pour longtemps encore.

Et en cela, nous sommes d’accord avec Chat-GPT.

Comment nous utilisons l’IA pour nos verres de lunettes

Alors que le monde apprend encore à gérer les évolutions récentes, l’IA est pour nous un outil important depuis des années. En effet, les designs de verre s’améliorent en permanence et sont donc de plus en plus complexes. Notre dernier verre, ICONIC™, est le verre de pointe sur le marché et ne peut être calculé que par des algorithmes basés sur l’IA. Les systèmes classiques atteindraient leurs limites dans cette tâche.

Depuis de nombreuses années déjà, nous utilisons des technologies de “big data” et de “machine learning” pour nos verres de lunettes. Nous pouvons non seulement simuler les propriétés de représentation dans l’espace virtuel, mais aussi les optimiser individuellement pour les porteurs.

Grâce à nos systèmes intelligents de conception de verre, nous rendons nos verres non seulement meilleurs, mais aussi plus simples : notre dernière génération de verres progressifs se contente de moins de paramètres que la précédente.

Complexe plutôt que compliqué.

Et ce qui est surprenant, c’est que cela fonctionne. Presque de la magie.

Entretien avec ChatGPT

ChatGPT est actuellement l’une des IA de langage génératives les plus développées. Le système est programmé pour répondre aux questions. C’est pourquoi il est également possible d’avoir une conversation. Pour savoir quelles perspectives l’IA offre à notre profession, nous avons réalisé une interview.

À propos des auteurs
Gilles Stüssi
Gilles Stüssi

Je m'appelle Gilles et je suis opticien. Je fais partie de l'équipe Eyetech depuis plus de 18 ans et je m'inspire chaque jour de la question "Et si...?" pour trouver de nouvelles idées et perspectives. Je suis passionné par les verres de lunettes et je m'enflamme pour le marketing et la communication. Avez-vous des questions ou des suggestions concernant cet article ? Ce serait un plaisir d'en discuter avec vous !

À propos d'Eyetech

Des verres de lunettes fabriqués par des opticiens pour des opticiens. C’est avec cette idée que la société Eyetech AG a été fondée au début des années 1990. Avec un esprit de pionnier et une envie d’innover, ce fabricant de verre est aujourd’hui le partenaire de magasins spécialisés indépendants dans toute la Suisse. L’éventail unique de verres de lunettes, y compris la ligne de verres spéciaux CRAFT™ et le service de montage interne couvrent tous les souhaits. Le conseil compétent et personnalisé fait de chaque contact avec nous une expérience agréable. De plus, l’agence de publicité V.EYE.P donne un coup de pouce à l’opticien pour se rapporcher de ses objectifs.